Auxiliaire de vie: le métier, les parcours de formation, l’interview d'Ilana Benharrous, Directrice de l'Antenne Jérusalem pour l'association BABAIT et d'une auxiliaire de vie

Le métier d’Auxiliaire de vie en Israël, présenté par Ilana Benharrous, Directrice de l’antenne Jérusalem -Association BABAIT

Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et présenter l’association BABAIT ?

Bonjour, j’ai fait mon alyah il y a 35 ans et je suis assistante sociale de métier. Je travaille pour l’association BABAIT depuis 20 ans. Cette association existe depuis 1984 et a 28 agences dans tout le pays. Il y a quelques années, j’ai constaté un réel besoin d’auxiliaires de vie francophones. Nous avons donc créé le département francophone dans les grandes villes d’Israël (Natanya, Jérusalem, Raanana, Ashdod, Ashkelon). Aujourd’hui, à Jérusalem, nous sommes l’adresse francophone pour le bitouah leumi, les assistantes sociales, les koupot holims, etc.

Pouvez-vous nous décrire le métier d’auxiliaire de vie en Israël ?

Notre but est de donner aux personnes âgées qui ne sont plus totalement indépendantes la possibilité de rester chez elles. L’auxiliaire de vie, ou metapelet kchichim, peut intervenir pour donner la douche aux personnes âgées, les habiller, faire des courses, faire à manger, faire un entretien de la maison. Selon la définition du bitouah leumi, l’entretien de la maison correspond à changer les draps, faire le lit, faire une machine à laver, étendre le linge, jeter les poubelles, faire un coup de balai ou les sols. Il ne s’agit pas de gros ménage.

L’aide concrète apportée par l’auxiliaire de vie dépend du besoin et de l’envie des personnes âgées. Toutes n’ont pas besoin de la même chose. Certaines vont vouloir une aide pour sortir se promener, d’autres vont avoir besoin qu’on les accompagne à leur dialyse, puis de les ramener à la maison, et qu’on les couche par exemple. Dans tous les cas, le contact humain est essentiel.

En France, l’aide apportée aux personnes âgées est segmentée en 3 métiers, donc 3 personnes différentes : l’infirmière vient donner la douche et les médicaments, l’auxiliaire de vie fait les courses et le repas, et l’aide ménagère fait le ménage.En Israël, une seule personne a ces 3 rôles.

Quelles études doit-on faire pour exercer ce métier ?
C’est un métier où on n’a pas besoin d’avoir de diplôme. Il faut aimer les personnes âgées, le contact humain et ensuite ça s’apprend sur le terrain.

Une fois par an, nous organisons un cours pour tous nos auxiliaires de vie.
Peut-on être auxiliaire de vie et olé hadash ?
Oui tout à fait. Cependant, il faut un minimum d’hébreu pour s’occuper d’une personne âgée israélienne. Donc, un olé hadash qui ne parle pas du tout l’hébreu commencera par s’occuper de francophones, puis on pourra envisager des israéliens dès qu’il aura un vocabulaire un peu plus fourni. En effet, les personnes âgées ne sont pas toujours très patientes si elles ont demandé qu’on leur achète un shampoing et qu’on leur ramène une crème pour le corps !

Peut-on exercer ce métier, en complément d’une autre activité ?
On peut faire ce métier en complément de revenu, en complément de l’oulpan, ou parce qu’on a envie d’aider son prochain. Je qualifie cette activité d’avodat kodech. Une personne qui cherche à travailler nous donne ses disponibilités. Nous nous adaptons selon ses horaires. La demande la plus importante est surtout pour le matin.

Il y a également possibilité de travailler avec les personnes âgées en privé (hors bitouah leumi). Dans ce cas, on pourrait travailler la nuit chez la personne âgée ou faire des gardes à l’hôpital. Il y a toujours du travail, dans toutes les villes d’Israël, même quelques heures par semaine. Alors n’hésitez pas à nous contacter.

Si ce métier vous intéresse, envoyez dès aujourd’hui un mail avec vos coordonnées et CV à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Vous pouvez également contacter Ilana au 0506668012.


Auxiliaire de vie à Jérusalem, interview

Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre alyah?
Bonjour, j’ai fait mon alyah en 2002 avec mon mari et mes 2 enfants. Au début de mon alyah, je me suis consacrée à ma famille et à l’intégration de mes enfants dans le système scolaire israélien. Puis, il a fallu chercher un emploi. J’étais alors âgée de 46 ans, je ne parlais pas l’hébreu et je n’avais pas une formation dans l’informatique ni l’envie de passer ma journée au téléphone en travaillant dans un Call Center.

C’est alors que le métier d’aide ménagère (ou auxiliaire de vie) m’a ouvert les bras. C’était l’occasion pour moi de faire une mitsva et de donner de mon temps à Israël. J’ai donc commencé à travailler chez BABAIT.

Diriez-vous qu’il est difficile d’être auxiliaire de vie et olé hadash ?
Non c’est justement tout à fait possible. Afin d’apprendre la langue, j’ai demandé à travailler uniquement avec des israéliens dans les premiers temps. Les personnes âgées israéliennes étaient très tolérantes et attentives et ça m’a beaucoup aidé à apprendre la langue. Aujourd’hui, après quelques années, je me débrouille assez bien en hébreu. Bien sûr, il faudrait aussi prendre des cours pour se perfectionner…

Y a-t-il beaucoup de demande d’auxiliaires de vie en Israël ?
Il y a beaucoup de sociétés qui recherchent des aides pour s’occuper des personnes âgées, dans toutes les villes d’Israël, et particulièrement chez les francophones car il y a de plus en plus de olims âgés qui arrivent en Israël. Il arrive qu’on m’arrête dans la rue, lorsque je me promène avec une personne et qu’on m’entend parler français pour me proposer du travail.

Quel est votre rôle avec les personnes âgées dont vous vous occupez ?
Lorsqu’on arrive, on doit être de bonne humeur, souriante et sans problèmes. Les personnes âgées ont besoin de parler, de nous raconter ce qui s’est passé depuis la visite précédente, de nous parler de leurs problèmes de santé.

Si elles sont en assez bonne santé, nous devons les sortir. Nous leur faisons la toilette. Nous devons les aider au mieux. Les personnes dont je m’occupe ont entre 72 et 87 ans. Les ¾ des personnes se sont fait opérées du genou, ou ont eu un cancer. Chaque jour, je m’occupe de 3 personnes différentes, donc 2-3h avec chaque personne âgée.

C’est pas un métier où il faut regarder l’heure. Si je dois rester plus longtemps, je le fais ! Ce qui compte, c’est que lorsque je pars, la personne aille bien et qu’elle attende ma prochaine visite.En général, nousles voyons 2 à 3 fois par semaine.

Psychologiquement, ça peut être difficile. Les personnes âgées dépriment souvent et il faut régulièrement les réconforter.. Il faut avoir un bon sens de l’humour et une vitalité interne assez grande.

Le mot de la fin ?
Je fais ce métier car c’est un contact humain incroyable qui apporte beaucoup et qui nous rappelle qu’on est tous solidaires les uns des autres. Il est important pour moi de faire du hessed. L’auxiliaire de vie permet de maintenir la personne âgée chez elle. C’est pour elle l’indépendance, l’autonomie, pouvoir faire ce qu’elles veulent où elles veulent. Je suis contente de pouvoir y contribuer.

Si ce métier vous intéresse, envoyez dès aujourd’hui un mail avec vos coordonnées et CV à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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